Si vous avez des tâches cron — et tout le monde qui travaille avec des serveurs en a — vous connaissez ce sentiment : la sauvegarde ne s’est pas exécutée à 3h du matin, et vous l’apprenez une semaine plus tard. Cronitor résout exactement ce problème. C’est un outil de surveillance des tâches planifiées qui vérifie que vos jobs s’exécutent à temps et déclenche une alerte si quelque chose tourne mal.
Cronitor est un petit service ciblé créé par une équipe américaine. Ce n’est pas une suite complète comme Datadog, mais un outil qui fait une chose et la fait bien.
Comment ça fonctionne
Le principe est d’une simplicité désarmante. Vous créez un « moniteur » dans Cronitor — c’est essentiellement un endpoint qui attend une requête HTTP à un moment précis. Dans votre tâche cron, vous ajoutez un appel curl au début (début d’exécution) et à la fin (exécution réussie). Si Cronitor ne reçoit pas le ping attendu — alerte.
# Exemple d'intégration dans un script cron
curl -s "https://cronitor.link/p/YOUR-KEY/backup-db/run" -o /dev/null
pg_dump mydb > backup.sql && curl -s "https://cronitor.link/p/YOUR-KEY/backup-db/complete" -o /dev/nullAucun agent, aucune configuration complexe. Une requête — une réponse. C’est tout.
Fonctionnalités
Cronitor peut surveiller non seulement les tâches cron, mais aussi les heartbeats (vérifications périodiques que le service est vivant) ainsi que les health checks HTTP classiques. Trois modes de surveillance couvrent pratiquement tous les scénarios.
Les alertes arrivent sur Slack, email, Telegram, PagerDuty, OpsGenie, Discord et webhook. Vous pouvez configurer différents canaux pour différentes tâches. Vous voulez qu’une sauvegarde échouée envoie une notification Telegram, mais que les problèmes de production aillent sur PagerDuty ? Sans problème.
Il y a une journalisation — vous pouvez envoyer le texte des logs avec le ping, et ils seront sauvegardés dans le dashboard. Pratique pour le débogage : vous voyez non seulement le fait que la tâche a échoué, mais aussi le contexte.
Points appréciables : page de statut pour les clients, moniteurs partagés pour les équipes, règles de silence (pour éviter le spam pendant les maintenances planifiées).
Tarifs
Cronitor propose cinq niveaux :
- Hobby : gratuit — 5 moniteurs, 1 utilisateur, Slack et email
- Starter : 7 $/mois — 15 moniteurs, Telegram, webhook
- Professional : 49 $/mois — 100 moniteurs, équipe de 5, PagerDuty
- Business : 199 $/mois — moniteurs illimités, RBAC, SSO
- Enterprise : sur mesure — on-premise, audit logs, SLA
Pour les projets personnels, le forfait gratuit est largement suffisant. Pour les startups, le Starter à 7 $ est un prix honnête.
Ce qui est appréciable
L’interface est minimaliste et rapide. Vous vous connectez, créez un moniteur, copiez le curl — 30 secondes suffisent. La documentation est pertinente, avec des exemples pour une dizaine de langages et frameworks. L’intégration avec Kubernetes, Docker, Laravel, Django est disponible par défaut — pas besoin de réinventer la roue.
L’idée même de « surveillance simple des cron » est géniale dans son évidence. Des milliers de serveurs dans le monde échouent silencieusement des tâches chaque jour, et personne ne le sait. Cronitor comble cette zone aveugle.
Ce qui fait réfléchir
Pour les scénarios complexes avec des graphes de dépendances et des pipelines multi-étapes, Cronitor est un peu faible. Ce n’est pas un remplacement pour un outil d’observabilité complet. Un pas à gauche de la surveillance cron — et vous êtes sur le territoire de Healthchecks.io ou UptimeRobot.
Le prix au niveau Professional (49 $) peut sembler élevé pour une petite équipe qui a besoin de plus de 15 moniteurs mais moins de 100.
Verdict
Cronitor est un outil étroit mais excellent. Si vous avez 5 à 50 tâches cron et que vous voulez dormir tranquille — prenez-le, vous ne le regretterez pas. Le forfait gratuit suffit pour essayer et comprendre si vous en avez vraiment besoin. La documentation et la rapidité d’onboarding sont au top.